Les
héritiers du souscripteur peuvent-ils contester le contrat
d’assurance vie ?
On l’a vu, au décès du souscripteur-assuré,
le capital sort de la succession pour être transmis au
seul bénéficiaire désigné par le
contrat. Les héritiers du souscripteur, qui voient ainsi
leur échapper une fraction parfois importante du patrimoine
du défunt, peuvent donc se sentir lésés.
Quelles
sont leurs possibilités d’action ?
En premier lieu, le contrat peut être remis en cause,
si le montant des primes versées par le souscripteur
est manifestement excessif. Tel sera le cas, si les sommes investies
apparaissent disproportionnées aux revenus et au patrimoine
du défunt. Le risque de remise en cause est encore plus
grand lorsque les versements sur le contrat d’assurance
vie ont eu lieu alors que le souscripteur était très
âgé ou malade. Lorsque les primes sont regardées
comme excessives, l’excédent est réintégré
à la succession.
Les héritiers peuvent également prétendre
que le contrat d’assurance vie cache, en réalité,
un simple contrat de capitalisation (voir plus haut «
qu’est-ce qu’un contrat d’assurance vie ?»).
L’effet ici est encore plus radical puisque, si les héritiers
obtiennent gain de cause, c’est la totalité du
capital qui retombe dans la succession.
C’est ce qui s’était passé dans une
affaire désormais célèbre, l’affaire
Leroux. La Cour de cassation avait en effet requalifié
en contrat de capitalisation un contrat d’assurance vie
souscrit par une personne âgée peu avant qu’elle
ne décède. Cet arrêt du 18 juillet 2000
de la Cour suprême avait déclenché un véritable
séisme dans le monde des assureurs qui craignaient de
voir remis en cause le fondement même du contrat d’assurance
vie.
Depuis, la Cour de cassation s’est attachée à
mieux respecter le périmètre des contrats d’assurance
vie tandis que les assureurs, de leur côté, prenaient
leurs précautions pour éviter que leurs contrats
ne soient regardés comme une simple opération
d’épargne. Le risque de requalification semble
donc aujourd’hui s’être éloigné.
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